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Huế : "four bananas, no coconuts ! coconuts at home ?"
Pas loin de 12 heures de bus pour arriver à Huế, dans des couchettes format vietnamien (en gros, si vous faîtes plus d'1m70, choisissez un autre moyen de transport) et nous voilà dans un nouvel hôtel, dans une nouvelle ville. A première vue, ça a l'air plus sympa qu'à Saïgon ou Hà Nội : les gamins disent bonjour, les gens sont curieux, mais sans plus, et on est pas harcelé toutes les 30 secondes. Direction le Cafe On Thu Wheels... A force de traîner en ville à chercher l'impasse où se trouve le rad, on se fait accoster par pas mal de types qui nous promettent tous qu'ils sont du Café. Au final, l'un d'entre eux (qui n'a pas ouvert la bouche de toute la discussion) nous sort enfin une carte de visite et on le suit au paradis des routards. Thu - la taulière sous caféine - nous met directement le grappin dessus et nous présente ses forfaits en motorbike. "OK, you happy, me happy, you go! ok ?". Je ne parle même pas du prix, dérisoire pour 70km en bécane dans la moitié des sites de la région. C'est partit pour la rivière des parfums...
La pagode Thiên Mụ (Chùa Thiên Mụ : la dame céleste) est assez sympa : une chouette pagode, une parc super zen et des moines, des vrais de chez vrai. C'est de ce temple qu'est parti Thích Quảng Đức, le moine qui s'est immolé en 1963 à Saïgon pour protester contre la répression anti-bouddhiste lancée par le président de l'époque, Ngô Đình Diệm. On peut voir dans le temple l'Austin Mini qu'il a utilisé pour se rendre là-bas.
À part ça, une chaleur infernale qui nous force à marcher à l'ombre le plus souvent possible.
Les deux guides nous conduisent ensuite sur la montagne Cấm Kê au tombeau de Minh Mạng (Lăng Minh Mạng), le deuxième empereur de la dynastie Nguyễn. La visite n'étant à la base pas prévue dans les carnets de Thu, on a du négocier (au moins 20 secondes) pour qu'elle accepte que ses guides fassent un détour par là-bas. Un sacré détour en fait... Une bonne balade sur un chemin en pleine jungle entouré par les bananiers, et une arrivée devant la "buvette" du site pour boire un ptit coup.
Nouveau tombeau tout aussi sympa, mais toujours sous un soleil de plomb : celui de Tự Đức (Lăng Tự Đức), le 4ème empereur de la dynastie Nguyễn...
Et bien sur entre chaque site, une balade en motorbike au milieu des paysages et des habitants du Viêt Nam : nos guides nous ont fait traverser des villages à 2 km de Huế, mais perdus en pleine jungle malgré tout, d'autres spécialisés dans la fabrication d'encens... Tout y est passé, des routes empruntées par les camions des scieries voisines aux petits chemins de terre au milieu des champs.
Prochaine étape : la pagode Từ Hiếu (Chùa Từ Hiếu), un peu plus défraîchie que les autres mais toujours aussi zen.
Petite halte près du bunker américain du coin : il faut quand même monter une colline sous le soleil pour voir ça. Visite très rapide du coin qui surplombe la rivière des parfums (apparemment, ça grouille de serpents - dixit notre guide) et retour aux motorbike pour la fin du parcours.
Enfin, et après avoir traversé un village "authentique" (encore plus roots que les autres s'entend), on arrive à un petit pont japonais, en pleine cambrousse. Il est apparemment squatté à longueur de journée par les locaux qui cherchent un peu d'ombre.
Une fois rentrés en ville, on a pris le chemin de la grande citadelle de Huế. On est jeunes, hors de question de prendre un taxi, même par 40 à l'ombre. Merci les mecs, j'ai failli ne jamais arriver là bas. Sous un soleil de plomb, on a finalement fait que la moitié de la visite... Trop chaud, trop loin et trop tard.
Retour à l'hôtel pour une bonne douche et direction le centre ville pour un resto. Tous ceux du routard sont apparemment pris d'assaut par les touristes, alors que ceux juste en face sont complètement vides. On opte pour le Ushi, qui s'est avéré pas si mauvais que ça. Le nain rentre à l'hôtel pendant qu'on enchaîne sur un petit billard (avec alcool de riz) dans le fond du resto avec un vietnamien qui traînait là. Il faut le savoir, leur alcool ça tabasse pas mal... Suffisamment en tous cas pour nous donner envie d'une bière au Cafe On Thu Wheels. Le trajet en pousse-pousse va être particulier : les conducteurs nous taxent des clopes, du feu, se séparent en deux groupes et au final deviennent carrément menaçants si on refuse de leur payer le double du prix convenu. Pas de violence, c'est les vacances : on arrive enfin entiers dans le rad pour siffler une binouze (grand format : pas le choix).
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