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Istanbul
Le rock'n roll est partout (Mai 2009)
Après une escale à Vienne, et une bonne heure d'attente à la douane, j'arrive à Istanbul en plein milieu de journée : ça signifie en plein trafic, entouré de centaines de taxis pilotés par des moustachus pressés. Le trajet de l'aéroport au square de Taksim prend donc un peu de temps mais j'arrive malgré tout à retrouver Batya et Toygun, un de ses collocs. Ma première expérience culinaire dans le pays sera pour le lahmacun : la pizza turque servie sur une fine galette de pâte, avec (de mémoire) viande hachée, choux rouge, oignon et tomate. Début de soirée tranquille avec Batya, puis les invités arrivent : guitariste métal, batteur métal, serveur dans un resto, directrice artistique... J'irai finalement me coucher vers 5 heures du mat : entre les souvenirs des cours de français de ma traductrice attitrée et notre anglais bancal, j'ai malgré tout réussi à me faire une place dans la soirée et je la quitte plus que fatigué au moment où le soleil se lève.
Réveil évidement difficile quelques heures plus tard et je passe l'après-midi à écouter les artistes pratiquer (plutôt bien d'ailleurs) et débattre politique et philosophie (en turc). Je retrouve un peu mon cycle de fac : couché à 3h, levé à midi... Le déjeuner se prend évidement à 20h et nous sortons avec Batya pour prendre un verre avec Eric, un surfeur fraîchement arrivé à Istanbul pour y donner des cours d'anglais. Bien entendu, et ce malgré le coca qu'on s'était promis de boire, c'est encore de l'EFES qui nous suivra une bonne partie de la soirée. (En passant, il semble que chaque pays a sa propre rue de la soif... en Turquie, elle est à Istanbul et je l'ai trouvée !). Retour au loft pour une session clips et métal, jusqu'à la coupure électrique : c'est assez fréquent ici et ça explique le stock de bougies dans la pièce. Le style de vie de la maisonnée impose des horaires décalés et on prend finalement le dîner à 1h du mat : Batya me fait découvrir les raviolis turcs, des manti, recouverts de yaourt et d'huile pimentée. Le mélange crème fraîche / bière me laisse entrevoir le pire pour mon estomac et je décide d'aller me coucher "tôt". Réveil à midi, sortie à 13h et c'est partit pour une marche jusqu'à l'autre rive. Si on exclu les grands-pères à moustache qui boivent du thé à tout heure et les minarets qui remplacent les clochers des églises, les petites rues autour de Taksim font penser à une ville du sud de la France. La citerne basilique sera la première étape de la visite ; elle se trouve de l'autre côté du pont de Galata, lui même en bas de İstiklâl Caddesi. Cette avenue est directe du square Taksim au pont : une sorte de Champs-Élysées piétonne bordée de vendeurs de loukoums et de magasins de fringues de luxe. Je me fraye un chemin dans la foule en suivant les rails du tram et en passant à côté de la tour de Galata, je me promet d'y grimper sur le retour. Yerebatan Sarnici, la citerne, est un ouvrage complètement délirant, bâtit par les byzantins en 532 avec les restes de tout ce qu'ils ont pu trouver aux alentours : maçonnerie en brique, colonnes grecques, têtes de méduses utilisées comme éléments de construction...
Sainte Sophie étant fermée, je me dirige ensuite vers la Mosquée Bleue : Sultanahmet Camii. C'est la première fois que je rentre dans une mosquée et la première impression est saisissante. Le dôme est immense, les tapis gigantesques et on est très loin de l'ambiance glacée qui règne dans nos cathédrales.
À proximité de la mosquée se trouvent deux obélisques : celle de Théodose, apportée d'Égypte au IVème siècle, et celle de Constantin, bâtie au Xème siècle et autrefois couverte de plaques de bronze.
Étant dans le centre historique et religieux de la ville, les mosquées sont partout et on distingue des minarets dans toutes les directions. C'est particulièrement Pour moi c'est surtout l'heure du kebab, à prendre dans une des nombreuses échoppes de rue. Petite différence avec les nôtres : le choux rouge !
Le chemin du retour se fera également à pieds, et je me rends vite compte qu'Istanbul n'est pas une ville plate : comme Rome elle a été construite sur sept collines et je dois en gravir une pour retourner à Taksim. Le temps s'étant dégradé, je remet ma visite de la tour au lendemain, histoire d'avoir une meilleure vue.
Nouveau passage par İstiklâl Caddesi, toujours aussi noire de monde et après un demi-heure de marche à la recherche de la bonne ruelle, je suis de retour à la maison pour le dîner : une sorte de ratatouille "à la Fatih" : très pimentée. La nouveauté du lendemain, c'est le type avec une mitraillette au coin de la rue... Je passe devant rapidement et redescend vers la vielle ville. A proximité de Ayasofya, je me fais alpaguer par un authentique marchant de tapis qui veut absolument me faire goûter son thé. Une demi-heure plus tard, je suis devenu un expert de la fabrication de tapis à double-nœuds à motifs cappadociens. Encore un quart d'heure et je suis obligé d'annoncer au grand chef appelé pour l'occasion que non, je me mettrai pas 2200€ dans un tapis qui de toutes façons, ne rentre pas dans mon sac à dos.
J'arrive enfin à Ayasofya en même temps que quelques centaines de touristes pour visiter le summum de la démesure des architectes de Byzance : des dorures et du marbre à perte de vue, un dôme gigantesque (malheureusement en cours de restauration) et des mosaïques couvrant des pans complets de murs et de plafonds. De mémoire, même les marbres du Vatican ne sont pas aussi beaux que ceux qui entourent ici les visiteurs.
En levant les yeux, on découvre également d'incroyables mosaïques (couvertes d'or) qui tapissent les murs et les plafonds de la basilique. Toutes représentent des personnages de la chrétienté et rappellent l'histoire de ce lieu devenu une mosquée au XVème siècle.
Après un détour par le bazar derrière la mosquée bleue, je me rend au Musée des Mosaïques du Grand Palais.
Nouveau musée après une courte pause : celui des Arts Turcs et Islamiques où je profite du guide d'un groupe de français pour découvrir tout ce que j'ignorais encore des tapis et kilim turcs.
Un köfte plus tard et je me retrouve au Grand bazar, qui porte bien son nom : un dédale d'allées souterraines où je me perd tranquillement avant de réellement chercher la sortie. Je sors donc au pif, complètement à l'opposé de ma prochaine destination...
La Mosquée de Soliman le Magnifique (Süleymaniye Camii), bâtie au XIVème siècle pour le sultan, est un des plus beaux édifices de la ville. Malheureusement, celle-ci aussi est en cours de restauration et je dois me contenter d'en faire le tour et d'observer quelques fidèles faire leurs ablutions avant la prière. Après un dernier regard vers les chats qui ont élu domicile dans le cimetière jouxtant la mosquée, je rejoint (au flair) le pont de Galata en passant par les petites rues et je grimpe enfin la tour pour m'offrir une vue panoramique de la cité et de la Corne d'or (Haliç).
Le retour est le moment de la journée que j'appréhende le plus : même si je connais maintenant le chemin le plus court pour rejoindre Taksim, mes muscles ont du mal à suivre et les nuits assez courtes n'arrangent rien.
J'ai l'habitude maintenant : je dois faire une croix sur mes matinées... L'épicier du coin est également rodé : j'ai à peine passé la porte que mon paquet de clopes est déjà sur le comptoir, à côté de mon (petit) déjeuner (sous forme d'ice tea bien frais). Petit-dej que j'agrémente aujourd'hui d'un simit, une sorte de couronne de pain aux graines de sésame. J'ai ainsi eu le plaisir d'apprendre que ce sont bien les turcs qui ont inventé l'étouffe-chrétien.
Le Palais de Topkapi (Topkapı Sarayı) est enfin ouvert et je peux tranquillement faire la queue entre plusieurs groupes de gamins braillards pour prendre mon ticket au "Gişe" (le guichet : beaucoup de mots turcs ressemblent au français). Ce palais est devenu un musée dédié aux otomanes et islamiques : des joyaux gros comme le poing, des armes et des trônes, et toujours beacoup de marbre.
Le harem impérial (Harem-i Hümayûn) situé dans le palais est somptueux (bien qu'un peu éccoeurant à la longue) : les courtisannes passaient par des couloirs couverts de céramiques et de calligraphies magnifiques pour déboucher dans des salons et des alcôves surmontées des dômes multicolores.
Après trois bonnes heures de visite, je rejoint Batya pour aller rencontrer une de ses amies, apparemment douée pour lire dans le marc de café. L'expérience est amusante, mais j'attends toujours :) Au sujet du café turc justement : pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un café extrèmement fort, non sucré et servi dans une toute petite tasse. Le marc, imbuvable, prend au moins la moitié du volume... Le temps de récupérer une autre amie de Batya sur le chemin, je me retrouve à Tophane, l'endroit top-cool-hype pour fumer un bon narguilé installé sur des grands poufs en plastique et je fini la soirée posé tranquillement au milieu des jeunes stambouliotes branchés. Je me lève encore plus tard que d'habitude et je sors de l'appartement vers 16h pour une course aux souvenirs mais je dois rentrer avant d'avoir trouvé quoi que ce soit. Je file avec Batya vers les remparts d'un château dont j'ai oublié le nom. La balade est sympa et on peut voir les quartiers résidentiels de la rive asiatique. Nous mangeons dans un petit resto familial du coin où je goûte des feuilles de vigne et des aubergines farcies, toujours recouvertes de yahourt et d'huile pimentée, la signature de la cuisine turque. Une dernière balade le long des berges et nous rentrons pour notre éternel litre de bière de fin de soirée... Pour une fois, je réussi à me lever à 7h30, et le réveil est encore plus difficile que d'habitude, autant pour moi que pour Batya. Je ferai finalement mes emplettes à l'aéroport, et profiterai des trois heures d'escale à Vienne pour manger un morceau... |
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