조선 : les matins frais
(le soir, c'est autre chose)
(Avril-Mai 2008)
Ou pourquoi il faut graver immédiatement ses photos en rentrant au pays...
Béh oui, sinon le disque dur lache et on perd tout... Ce qui explique pourquoi il n'y aura qu'une page
pour ces deux semaines passées seul (ou presque) en Corée.
Quelques mots tout d'abord sur le trajet : Aeroflot c'est plus un low-cost qui n'assume pas qu'une compagnie
au rabais... Et quand on voit l' "Aéroport International de Moscou Sheremetyevo", on comprend mieux : tout
petit, pas un fauteuil, plutôt sale... Il n'y a vraiment que Robert Hue pour aller là-bas (ça ne s'invente pas,
je l'ai croisé dans les couloirs).
Moscou-Seoul c'est déjà autre chose : avec les petites hôtesses de Korean Airlines, on se sent mieux qu'avec
les mafieuses russes du premier trajet. Reste que pour changer, pas moyen de dormir dans l'avion et j'arrive
à Seoul complètement à l'ouest (à Incheon pour être exact), avec 36h de veille dans la vue et un bus à prendre pour quelque part. Ça n'a
pas manqué : je me suis trompé de bus...
Le principal problème, c'est qu'après une heure je ne parle toujours pas Coréen, donc pour demander où je suis
censé descendre c'est pas gagné... Au final, je choisi le premier arrêt qui a l'air d'être en centre ville.
Coup de bol, je tombe sur la relève de la garde (traditionnelle) du pavillon Bosingak (보신각). Deuxième coup
de bol, il y a un Starbucks pas loin et j'en profite pour piquer une sieste de quelques heures à l'étage
avant de rejoindre le quartier d'Itaewon, où je suis censé squater deux jours l'appart d'une couchsurfeuse.
Le surf c'est bien !
Le Couchsurfing, c'est super... Plein de monde de partout : des coréens (et
coréennes), des japonais, de l'américain et de la canadienne... Il y a même une famille complète de hollandais.
Et ils sont tous profs d'anglais... La Corée est en manque de professeurs et les formalités pour ceux qui parlent
anglais courramment sont réduites au minimum (un passeport, un diplôme et une prise de sang).
L'autre bonne nouvelle, c'est que j'ai enfin repris du poil de la bête et que je peux attaquer le buffet : tofu
grillé, rouleaux de légumes façon rouleaux de printemps, des sundae (순대) : pas exactement comme au
MacDo, ce sont des saucisses coréennes (qui, je l'apprendrai plus tard, sont à base de tripes et de sang de porc), et mon premier kimchi (김치)
. Je goûte également mon premier soju (소주), l'alcool national
coréen : ça ressemble à de la mauvaise vodka...
Le lendemain je croise deux expats américains sur le canapé et après un copieux petit dej à la base militaire américaine,
nous décidons de visiter Seoul ensemble. Première étape : la prison Seodaemun (서대문 형무소), construite par les Japonais
pendant la guerre.
On file ensuite à Changdeokgung (창덕궁) pour visiter un des plus grands palais de Corée.
Dave et Rebecca m'entraînent ensuite à Insadon (le quartier à touristes de Seoul) pour mon premier
vrai repas coréen : un dolsot bibimbap (돌솥 비빔밥), et surtout les banchans : tous ces
petits plats servis en accompagnement quelque soit la commande, et qu'on peut se faire resservir à
volonté.
Je quitte ensuite mes deux camarades d'un jour pour faire un tour de nuit dans les rues de Seoul
avant de retourner chez mon hôtesse. Des néons, des lumières qui clignotent et de la musique
étouffée qui sort des escaliers : on croirait une description des rues de Tokyo.
En rentrant sur Itaewon, je trouve à la place de Dave et Rebecca une tchèque de passage pour la nuit et
nous passons la fin de la soirée sur le balcon à déguster la cuisine de la belle-mère de Talya.
Entre deux jetlags
Réveil une fois de plus très matinal (5h du mat je crois) et je décolle pour le centre ville de Seoul à
la recherche d'une chambre pour ma dernière nuit dans la capitale. Le problème en Corée, c'est que même
si le Lonely Planet est précis, les rues ne le sont pas. Il m'a fallu près d'une heure avant de trouver
la guesthouse voulue. Et si c'est pas cher, il y a une raison : la chambre fait 8m³.
Nouvelle visite et nouveau palais : Gyeongbokgung (경복궁), qui il faut bien le dire, ressemble pas mal
à son cousin d'hier. J'en profite pour visiter également le Musée National Folklorique juste à côté.
Une petite sieste plus tard, je retrouve Youngeun (une charmante surfeuse coréenne) dans une station de métro
et après avoir récupéré une de ses amies, elles m'entraînent dans un petit resto étudiant bondé. Une épaisse
sauce rouge, du poulet, des légumes et des gâteaux de riz : de quoi se faire mal au ventre pour la soirée.
Elles me font ensuite visiter la N-Seoul Tower - les toilettes les plus hautes de Seoul, dixit les dépliants
distribués là bas - et nous finirons la soirée sur les bords du fleuve Han avec quelques bières et un paquet
de chips.
Journée morte le lendemain : je me lève à 11h et après avoir pris une douche dans la mini salle de bain en dessous
de ma mini chambre, je décolle pour la gare KTX (le TGV coréen). La faim au ventre, je prend un billet et je file
vers le premier boui-boui qui me tombe sous la main. 3 bouchées au porc plus tard, je peux enfin prendre mon train
vers Gimcheon. Ce bled a comme seul intérêt d'être relativement proche de Jikjisa ; à part ça, rien... pas
un truc à visiter. Je fais les cent pas dans ce qui sert de centre ville avant de tomber sur le marché (il est plus
de 20h et il fait nuit mais c'est encore ouvert) et juste à côté, un Lotteria, le MacDO asiatique. Ça sera
un bulbogi-burger et un rice-kimchi-burger.
Le premier temple
Histoire de rattraper le temps perdu d'hier, je me lève à 9 heures pour filer tout droit à Jikjisa (직지사). Un peu d'auto-stop
plus loin, je découvre un temple sympa où les préparatifs pour l'anniversaire du Bouddha sont presque terminés : des
lampions et des banderoles partout et des militaires au travail tôt le matin pour finir le boulot.
De retour à Gimcheon en fin de matinée, j'attrape un train pour Daegu et je travaille en passant mon gamsahamnida.
Daegu : une grande ville, mais un plan de métro à l'envers et personne qui ne parle anglais... je commence à comprendre qu'en dehors de Seoul,
je vais avoir plus de mal... Un exemple au resto : je veux commander un glabi gui, soit de larges tranches de viande à faire
griller. Pas de soucis, je pointe du doigt une photo et le tour est joué. Mais quand la serveuse me baragouine un truc incompréhensible pendant deux
minutes, j'ai des difficultés. On a finalement tous les deux abandonné l'idée de se faire comprendre et je me suis bâfré pendant une heure...
Avec le recul, je sais maintenant ce qu'elle a voulu dire : "Monsieur, c'est un plat pour deux personnes"...
Prochaine étape : le marché aux herbes et la "rice cake street" de Daegu : deux rues sympas. L'une remplie de boutiques médicinales (en gros,
tout ce qui ne se met pas en temps normal dans un assiette, mais qui a des vertus légendaires) : bois de cerfs, champignons, herbes, racines
et surtout ginseng, l'autre pleine d'étals surchargés de gâteaux de riz de toutes les couleurs. Et justement, je commence à me faire à l'idée
que je vais passer la nuit dans un temple. Je fais une provision de gâteaux bien bourratifs et je me lance à la recherche de la gare routière.
Temple stay, mais pas trop longtemps
Après une heure, trois fausses pistes et un peu de stop, j'arrive enfin au bon endroit pour voir le bus partir sous mes yeux... Encore une
heure à attendre dans les gaz d'échappement. Dans le bus, pas mal de coréens évidement, un couple de Suisses et un japonais avec qui je
commence à discuter : Akira, qui a pris une semaine de congés pour faire le tour des temples. Arrivés à Haeinsa (해인사), aucun de nous
n'a de réservation et la décision d'aller dormir avec les moines s'impose d'elle même. 18h30, la nuit tombe, il y a 2 kilomètres de marche à
faire dans la montagne et nous ne sommes pas sur d'avoir une place. Le statut de pèlerin, ça se mérite...
Il reste bien de la place, mais en revanche, l'heure du dîner est passée et il n'y a pas de deuxième service. Pour moi Haeinsa, ça restera ça : un
soir dans un temple classé Unesco, à 1400m d'altitude à manger des gâteaux de riz et à boire du thé avec un japonais de passage.
L'autre point notable de mon séjour là-bas, c'est mon lit :
Couvre feu à 21 heures, réveil à 3 heures avec la cloche du temple (4 mètre de haut), deux heures de prière... la nuit est courte et le réveil est
rude. Mais le pire, c'est le petit dej... Des légumes, du riz, un bouillon de légumes et du kimchi : je me suis senti en confiance jusqu'à ce que
je goûte le kimchi. Ya pas, à 6h du mat, ça ne passe pas. D'autant plus qu'il n'a pas du tout le même goût qu'au resto et que mon estomac ne supporte
pas les surprises. Impossible de se rabattre sur les légumes : il s'agit d'une espèce jamais vue en occident (même la couleur est improbable), le
bouillon est juste assez léger pour être écoeurant. Il ne reste le riz, qui n'a rien d'alarmant.
Le soucis dans les temples, c'est qu'il faut finir son assiette... jusqu'au bout...
Il est enfin l'heure d'aller visiter le trésor de Haeinsa : le Tripitaka Koreana (팔만 대장경). Une bibliothèque et des "livres" en bois âgés de près de
dix siècles et parfaitement conservées.
Le retour en bus est rock'n roll : la vitesse, l'altitude, le roulis dans les virages et le kimchi qui tente de me tuer de l'intérieur... je me sens mal.
De retour à Daegu, je quitte Akira et pendant les trois heures qu'il me reste à tuer avant de prendre mon prochain train, je tente de trouver un resto
pour calmer mon estomac. La solution pour les gens dans ma situation : la chaine "Wellbeing Slow Food" : des porridges bien solides pour estomacs affaiblis...
Gyeongju : le point de chute des routards
Gyeongju a l'air d'être le passage obligé de tous les touristes de Corée : un bled sympa, avec un nombre incroyable de choses à voir. Tous les guides
(le routard, le lonely, même celui d'Akira) désignent le Nimsan Hotel comme étant LE rendez-vous des routards. Et effectivement, sa réputation n'est pas usurpée :
des chambres roots, une salle de bain roots, mais un salon sympa avec pas mal de gens affalés sur les canapés.
Après ma nuit spartiate, je cherche simplement à manger et récupérer, donc direction le centre ville pour un repas simple... Sur le chemin, je passe par le parc
des tumuli : les tombes des rois de Silla.
Impossible de trouver le resto recherché et j'atterris dans une chaîne de fastfood qui sert exclusivement une espèce de soupe rouge vif (!) remplie de légumes, de
pâtés de riz et de morceaux de saucisse.
Le lendemain, réveil à 9h pour prendre le bus pour Bulguksa (불국사). Étant donné que je passe mon temps à me tromper de bus, je refais un coup de stop
pour me faire déposer au pied du temple, déjà pris d'assaut par des voyages scolaires.
Sur le retour, je fais une halte dans un resto de poulet pour manger un Samgyetang : un demi poulet dans du bouillon avec du riz et du ginseng. Ça
requinque son homme après trois heures de marche. En passant, je visite également le marché ; une constante dans tous les marchés du monde : des odeurs et des images
incroyables pour le touriste, comme ces pieuvres violettes pendues tout le long de la rue...
Avec mon plan en main, et sous un soleil de plomb, j'entame le tour des visites des monuments : l'observatoire Cheomseongdae (첨성대) : un des plus vieux
bâtiments dédiés à l'astronomie au monde, l'étang Anapji (안압지), construit par le roi de Silla en 674, et la forêt de Gyerim (계림) : un parc très
zen rempli de vielles pierres et d'arbres tordus.
De retour à l'hôtel je croise sur les canapés Ed, un anglais en vacances, et Victoria, une anglaise en week-end dont c'est l'anniversaire. Petite soirée entre routards
donc, resto italien pour mademoiselle, pub et finalement retour dans le salon du Nimsan pour finir quelques litres de bière.
Busan : crazy nights
J'arrive à Busan le lendemain en début d'après midi et il me faut près de deux heures pour arriver devant la guesthouse que je cherchais (les moustiques sont inclus dans le prix).
Nouvelle ville donc nouveau resto, et comme il est tard, je dois réveiller le patron pour me faire servir.
Avec le plus grand marché aux fruits de mer d'Asie, Busan est avant tout une ville qui fleure bon le poisson... Il n'y a qu'a suivre l'odeur pour se retrouver sur les
quais devant les étals des marchandes. Ici aussi, un nombre incroyable d'espèces de... choses... assez bizarres... Poisson, algue, mollusque ?
Retour à l'hôtel pour une douche et retour en centre ville pour retrouver un groupe de surfeurs. Dans la liste des endroits improbables, le Nabilarea est en tête : un bar
à l'orientale, avec coussins, draperies, bougies et bassins dans le sous-sol d'un gratte-ciel... Quelques heures à boire de la Cass et à manger des bonbons thai, puis direction
le resto pour une orgie d'anguilles grillées et de soju. Ah ! Et des bondaegi également : des pupes de ver à soie bouillies. Heureusement qu'il y a le soju...
Pour une fois que j'ai vraiment prévu une grasse matinée, je me fais réveiller par les mouflets de la chambre d'à coté à 8h du matin... Contre mauvaise fortune bon coeur : je
prend le bus pour Beomeosa (범어사). À peine entré, je me fais aborder par un coréen qui a l'air de se faire un peu suer pendant que sa femme est partie prier. Il
m'explique qu'il est un bouddhiste "soft" et que la prière pendant des heures, ça n'est pas trop pour lui. Sa bigote de femme revenue, ils me proposent de manger avec eux...
à la cantine du temple. On ne me la fera pas deux fois : je me sert copieusement en riz, une feuille de kimchi et une cuillerée de légumes, pas plus. Trente secondes plus tard,
un moine dépose sur notre table une pleine plâtrée de chapchae (잡채 : des nouilles froides aux légumes) : c'est le cadeau du temple au touriste que je suis. J'ai du manger
sous le regard attentif des deux cent pèlerins présents dans la pièce.
En sortant, je file directement au temple de Haedong Yonggungsa (해동용궁사) pour m'apercevoir au bout d'une heure de bus que c'est jour de congé et que le temple est bondé.
Pas le temps de faire la queue pour rentrer, je retourne à l'hôtel et un coup de fil plus tard, j'ai à nouveau rendez-vous pour un dîner sur le port. Le principe est simple : on pointe
du doigt la chose qu'on veut voir dans son assiette et dix minutes plus tard, elle est préparée et servie. Préparée signifiant la plupart du temps rincée et coupée. Au menu de ce soir :
회 (Hweh : fruits de mer crus), ou oursin, poisson cru, moule crue (20 centimètres la moule), des "sea squirt" (멍게 : pas de nom en français, sinon l'embranchement des
urochordés), à manger dans des feuilles de salade et de sésame avec la fameuse sauce piquante, et surtout un sympathique bébé-pieuvre (낙지회) servi encore vivant - ou tout du moins encore
bien vif - dans une sauce au sésame.
| Avant |
Après (vidéo) |
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Gwangju
Réveil difficile, j'avale un bibimbap avant d'entamer le trajet : 6 heures de
train jusqu'à Gwangju... pour débarquer dans la gare la plus excentrée de la ville... Encore une
demi-heure de bus et me voilà en centre-ville, de nuit et sans aucun repère. Je survivrai une fois de plus
grâce à la gentillesse d'un petit couple qui m'a indiqué un hôtel sympa à deux pas du terminal de bus, et
surtout en face d'un... Wellbeing Slow Food ! Nouveau porridge donc, et nouvelle nuit de sommeil avant
d'y retourner demain matin.
Demain matin justement... Quatre heures de bus aller-retour pour visiter le jardin de bambous de Damyang et la journée est presque passée.
Sur le retour, je squate quelques minutes un magazin pour relever mes mails : c'est gagné, les quelques messages que j'ai envoyé la veille m'ont permis
de trouver un surfeur chez qui dormir ce soir : "Pas de soucis, j'habite à telle adresse, je rentre plus tard, les clefs seront sur la porte".
Mike est évidement prof d'anglais et travaille plutôt en fin de journée. Soirée en deux temps donc : une douche,
un restaurant de poisson cru et une sieste ; et quelques heures plus tard, un restaurant traditionnel avec
dongdongju et haemul pajeon (해물파전 : des pankakes aux oignons verts et aux fruits de mer) en compagnie de deux de ses collègues.
Après un réveil pas trop matinal, je file prendre un bus pour Unjusa (운주사), un temple connu pour ses nombreuses Bouddhas taillés dans la roche. Le bus me
dépose en rase campagne, à ce qui ressemble vaguement à une intersection : le temple est un peu plus loin... Le temple en lui même est assez commun, mais
les centaines de statues de Bouddha de toutes les tailles et de toutes les formes sont plutôt intéressantes. La petite balade dans les collines aux alentours
est également très sympa, avec quelques panoramas à couper le souffle.
À peine sorti du temple, je dois déjà trouver un nouveau bus pour Jeonju. Non pas qu'il y ait beaucoup de choses à visiter, mais un surfeur m'a proposé
une bière.
Jeonju : je n'en ai rien vu
Le planning est simple : repas rapide, soirée tranquille dans un bar avec Mauricio, et le lendemain matin, visite du village folklorique avant de décoller pour Suwon.
Le temps que M. sorte du boulot, j'ai le temps de manger un bibimbap et de regarder un petit flim au JIFF : le Jeonju International Film Festival.
Suwon : like a rock star
Réveil difficile : il est déjà midi... Plus le temps donc de visiter le village, je dois file en vitesse à Suwon où je suis attendu en début de soirée :
Carissa, que j'avais croisé chez Talya, m'héberge en effet cette nuit et nous sommes tous les deux invités chez une de ses collègues coréenne.
Le lendemain, j'essaye enfin de me lever à une heure acceptable afin d'avoir tout le temps de visiter la forteresse Hwaseong (화성) de Suwon avant de retourner sur Seoul.
Pari gagné, j'arrive sur place relativement tôt, c'est à dire en même temps qu'une dixaine de bus scolaires venus déposer leur lot de mouflets aux pieds de la citadelle... Une
centaine de gamins donc, tous pressés d'essayer leur anglais sur un occidental : "Hi ! What's your name? Where are you from ? Do you like kimchi ?". De mémoire, j'ai du répondre
une centaine de fois à chaque question, à chaque gamin, signer quelques dixaines d'autographes et poser vingt bonnes minutes pour une scéance photo.
Après avoir visité le palais Haenggung (행궁) et avoir assisté à une démonstration d'art martial, je me dirige vers un petit resto à touristes pour un nouveau bulbogi, beaucoup moins bon
que celui de la veille. Les murs de la forteresse entourent le centre-ville de Suwon, donc pour éviter de faire toute la visite accompagné des trois groupes scolaires, je choisi le sens
inverse du leur et je commence ma longue marche digestive sur les remparts. De nombreuses tours de garde, des chemins de ronde, des phares d'alarme et une vue imprenable sur le palais et la ville.
Et évidement, au milieu de la balade, je retrouve venant en sens inverse la troupe de gamins qui visiblement, ne m'ont pas oublié... Nouvelle scéance d'autographes, nouvelles photos et nouvel
intérogatoire, à tel point que leur prof est obligée d'intervenir pour me permettre de continuer ma route. Et il faut du courage pour terminer le chemin : des escaliers pour gravir la colline,
des escaliers pour en descendre, le soleil qui tape de plus en plus... Je reviens à mon point de départ en nage et complètement rincé.
Retour chez Carissa pour une douche et nous prennons le bus pour Seoul, en pleins retours de week-end... J'arrive évidement en retard au rendez-vous avec mon hôtesse de ce soir, Woon.
Une jeune femme tout à fait charmante me fait donc des grands signes à la sortie de la station de métro, et c'est partit pour un nouveau surf de canapé, le quatrième en deux semaines...
Retour à Seoul
Planning toujours aussi chargé pour ma dernière journée en Corée : écumer Insadong pour trouver des souvenirs pour tout le monde, retourner chez Talya pour poser mon gros sac, et comme
soirée d'adieux, un nouveau meeting CS au Hard Rock Cafe d'Itaewon. Après un diner rapide de mandu (만두 : les raviolis coréens) bouillis, je retrouve dans la salle VIP la moitié
des surfeurs présents le jour de mon arrivée, plus une bonne dizaine d'autres, prèts à en découdre avec le bar. Quelques bières, des trucs à grignoter, je décide finalement d'aller me
coucher avant de ne plus être capable de rentrer tout seul, et surtout histoire d'être à l'heure le lendemain pour mes 15 heures de vol réglementaires...
Deux semaines incroyables donc, complètement déconnecté du monde à arpenter les palais ou le métro de Seoul, avec le premier jour la crainte de déprimer tout seul, et au final
la quasi-certitude de pouvoir trouver partout dans le monde des gens avec qui passer une soirée sympa... même dans un temple.
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