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Sambor Prei Kuk Nouveau bus pratiquement de nuit dès le lendemain matin pour la première étape de mon périple dans les temples du Cambodge : quelques heures de trajet sur une route toute déglinguée avant d'arriver à Kompong Thom. La route est bordée de "maisons" sur pilotis qui font ressembler le bord de la chaussée à un bidonville en longueur. Chose étrange qui aurait du me paraître inquiétante : je suis le seul à descendre du bus, ça promet...
Après avoir pris une chambre dans un des deux seuls hôtels du bled et avoir mangé un plat sur le pouce dans un des trois restos qui sont à proximité, je file à travers les champs et les villages en direction de Sambor Prei Kuk.
Ce site pré-angkorien date du 7eme siècle et ressemble pas mal au complexe champa de Mỹ Sơn : des édifices en brique rouge, perdus dans la forêt et décorés de sculptures d'inspiration hindouiste. On y observe aussi des yoni, ces symboles de fertilité également présents à Mỹ Sơn.
La grosse (grosse) différence avec les temples champa, ce sont les arbres : la végétation a complètement envahi certains des édifices et il doit être maintenant trop tard pour désherber. Le résultat est stupéfiant : ce sont les racines des arbres qui tiennent les structures en place.
La bonne surprise sur le chemin du retour, c'est une crevaison de notre roue arrière en plein milieu d'un petit village. Après 10 minutes passées à trouver une bière fraîche (le parler khmer, c'est un peu du chinois pour moi) pendant que mon guide répare le motorbike, j'essaye de discuter avec les gamins qui s'amassent autour de moi. Évidemment, ils ne connaissent que "Hello" et la conversation se limite à ce mot. En revanche, ils adorent se voir sur l'écran de l'appareil photo...
C'est pendant cette séance photo que surgit Francesco, un italien en vadrouille qui cherche 2-3 personnes pour un road trip dans les temples perdus entre Kompong Thom et Siem Reap. Il a apparemment réussi à trouver deux françaises motivées par le trajet et il ne leur manque plus que moi. De retour à l'hôtel, je le retrouve pour le dîner avant de se donner rendez-vous le lendemain à 6h (sic) pour le départ. Roadtrip vers l'ancienne capitale On récupère donc Karine et Mélina le lendemain et pour commencer notre road trip, le pont Spean Prap Tos à Kompong Kdei : bâtit au XIIIème siècle et avec ses 87 mètres de long et ses 25 arches, c'est un des plus grands ponts de ce type (en pierre évidement).
Un petit mot sur la route qu'on a du prendre pour aller à Beng Mealea : au Cambodge il y a trois grandes villes, et de fait, seulement trois vraies "routes" ; le reste du temps, on doit rouler se débrouiller sur une piste en terre rouge pleine de crevasses et de cailloux.
Construit au XIIème siècle, Prasat Beng Mealea (ប្រាសាទបឹងមាលា) est un complexe assez impressionnant par sa taille et la qualité des sculptures encore visibles. Le site n'a été complètement déminé qu'en 2003 et sans véritable voie carrossable pour y accéder, c'est encore un petit trésor perdu dans la jungle du pays. Perdu mais pas inconnu car c'est ici que Jean-Jacques Annaud a tourné une partie du film « Les deux frères ». Il reste encore les passerelles en bois construites pendant le tournage et c'est celles-ci que nous empruntons avec Karine et Mélina pour visiter le site (Francesco n'ayant apparemment pas envie de notre compagnie, il a disparu avant le petit déjeuner pris à la gargote du coin).
Même si la grande majorité des édifices est soit complètement effondrée, soit encore envahie par la les lianes et les racines, la visite se fait facilement (si on esquive les groupes de coréens) en suivant les passerelles en bois. Néanmoins, les nombreux gamins proposent de nous montrer des coins un peu plus éloignés du circuit aménagé. Et effectivement, en passant sous une arche, en grimpant un tas de pierres puis en longeant les remparts sur une petite corniche, on accède à des parties du site un peu moins fréquentées. La végétation y est encore plus présente et la lumière encore plus irréelle.
Ce qui est particulier dans ce temple, c'est la nature des blocs de pierre sur lesquels on marche : parmi les gravats et à moitié enterrés, on trouve parfois des linteaux d'un mètre de large finement gravés qui auraient largement leur place dans un musée... La suite du road-trip passe par Koh Ker (ប្រាសាទកោះកេរ), l'ancienne capitale de l'empire khmer à la fin du Xème siècle. Perdue à 130km de Siem Reap, l'accès est aussi facile que Beng Mealea : encore quelques heures de piste avant d'arriver devant le premier bâtiment. "OK, entrance is 10$ with a ticket, 5$ without tickets" : encore un exemple d'intégrité de la part des gardiens du site :)
La grande surprise de ce site se trouve au bout d'une longue allée de pierres effondrées : une grande clairière où trône en plein centre une pyramide digne des Incas : le Prasat Thom, le temple-montagne. L'escalade est malheureusement interdite et nous devons nous passer du panorama.
Le temps de prendre un déjeuner sur le pouce (3 minutes pour le service et 10 de plus le temps que la soupe refroidisse) et nous continuons notre route vers les autres monuments de Koh Ker : la capitale est étalée sur plusieurs kilomètres et nos suivons notre chauffeur afin tous les visiter.
Et au bout de la route, nous voyons enfin des linga entiers (c'est à dire encore dans leur yoni) : ces symboles (très suggestifs) de fertilité sont plutôt grands par rapport à ceux que j'avais pu voir au musée national. C'est sans doute ce qui explique qu'ils n'aient pas été déplacés.
La dernière partie du trajet est tout aussi rock 'n roll : le chauffeur nous avoue qu'il aimerait bien rentrer tôt à Siem Reap : ses phares sont apparemment un peu faibles (ce qui selon les normes cambodgiennes signifie pas de phares du tout). Et effectivement, de retour sur la vraie route lors des dépassements en triple file et à contre sens, on le sent un peu tendu. Pas autant que nous... Nous arrivons finalement sains et sauf à Siem Reap pour déposer un Francesco devenu plus que désagréable et prendre une douche histoire de se débarrasser de la poussière rouge qui nous recouvre de la tête aux pieds. Vingt minutes plus tard, nous voilà prêts à affronter la faune de Siem Reap. L'ambiance est différente ici : des touristes en short partout dans les rues, un quartier qui leur est 100% dédié arpenté par des centaines de djeunz bruyants et bourrés et de la bonne musique de djeunz à fond. Pour en profiter au maximum, on prend une bière au Angkor What : le bar le plus rock 'n roll et le plus bruyant de la rue, avec heavy metal à fond et graffitis du sol au plafond.
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Le Cambodge : loin de Paris et de ses températures glaciales, je suis partit pour Phnom Penh avec
une idée en tête : retourner en Asie et oublier la pression du boulot. Pari gagné...
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